REDYNAMISATION DE LA DIPLOMATIE : Les pas encourageants de Christophe Lutundula

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Plus rien ne sera comme avant dans la diplomatie congolaise. Grâce à la volonté affichée du gouvernement Sama Lukonde, elle devra désormais rayonner davantage. Et c’est le Vice-premier ministre, Ministre des Affaires étrangères et Coopération internationale, Christophe Lutundula Apala Pen’Apala qui est à la manœuvre de la conception, suivi et exécution de cette politique. En trois mois d’exercice de ses fonctions, il a jeté les jalons de la redynamisation de ce secteur et posé des actions à impact direct. Son principal cheval de bataille : redorer l’image de marque de la diplomatie congolaise en remettant de l’ordre dans les missions diplomatiques et consulaires de la RDC ; garantir le paiement des loyaux pour les locaux des ambassades ; assurer les frais de fonctionnement et de prise en charge des soins de santé conséquents aux agents du Ministère.

En effet, prônant une gestion participative, le Vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères et Coopération Internationale a instauré dès son entrée en fonction, une séance mensuelle d’évaluation du travail de chaque directeur central et des deux secrétaires généraux de son ministère. 

Au cours de la première réunion, il était question pour Christophe Lutundula de partager avec les hauts cadres des affaires étrangères et de la Coopération Internationale sa vision de la diplomatie conformément à la feuille de route lui assignée par le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Les grandes lignes fixées, il s’est rapidement mis au travail dans un premier temps avec certains membres du cabinet de son prédécesseur, Marie-Ntumba Nzenza, question d’assurer la bonne continuité des institutions et une passation ordonnée du flambeau avant de mettre en place sa propre équipe restreinte dirigée par son Directeur de Cabinet, Itoka Ileka, un chevronné de la diplomatie qui a notamment travaillé comme ambassadeur de la RDC à l’ONU et en France et comme Secrétaire Général aux Affaires étrangères.

Très rapidement, ce Warrior s’est mis en piste pour attaquer l’épineuse question des dysfonctionnements des représentations diplomatiques et consulaires à l’étranger ainsi que celle du paiement des cotisations de la République Démocratique du Congo auprès des organisations internationales. À cet effet, Christophe Lutundula a lancé, en date du 26 juin dernier, les travaux de la commission interministérielle des experts des Affaires étrangères, des Finances et du Budget. Objectif poursuivi : proposer au gouvernement dirigé par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, des solutions rapides et durables aux problèmes des loyers, arriérés de salaires, frais de soins médicaux et funéraires ; celui du rapatriement des diplomates congolais bloqués à l’étranger ainsi que la problématique du paiement des arriérés des cotisations de la RDC auprès des organisations internationales dont elle est membre. 

A l’occasion, il avait expliqué aux experts de trois ministères concernés que le Chef de l’État est préoccupé par ces questions qui ternissent l’image de la diplomatie congolaise et qu’il attendait d’eux des propositions réalistes et que celles-ci soient rapidement exécutées.

Efficacité et Efficience

Pour de raison d’efficacité et d’économie, le VPM Christophe Lutundula amorcé une série des décisions notamment celle de réduire l’effectif et restructurer de la Task Force remplacer cette Task force chargée d’accompagner la Présidence du Conseil exécutif de l’Union Africaine durant le mandat de la République Démocratique du Congo. 

Cette décision s’inscrit dans la droite ligne de la volonté exprimée par le Chef du gouvernement, Jean-Michel Sama Lukonde de réduire le train de vie des institutions en évitant d’engager des dépenses extravagantes.  

« Considérant que les missions assignées à cette structure peuvent valablement et efficacement être accomplies par le cabinet ministériel et que la prise en charge de cette Task Force dans sa configuration actuelle pléthorique, semble constituer plus une charge superflue et une dépense sans contrepartie justifiée pour le ministère qu’un atout à l’accomplissement de la mission de mon mandat de Président du Conseil exécutif, il m’a paru rationnel de suspendre ses activités et de procéder à sa restructuration pour plus d’efficacité et d’économie » avait annoncé le VMP des Affaires étrangères au chef du gouvernement. Il avait précisé que la cellule d’appui au Président exécutif en remplacement de la Task Force qu’il allait créer au sein de son cabinet « sera supervisée par un Coordonnateur ayant rang de conseiller et assisté de deux ou trois chargés d’études en lieu et place de 22 agents improductifs et sans occupations« .

Des résolutions pour redynamiser la diplomatie

La Commission Interministérielle chargée du suivi de la situation des missions diplomatiques et postes consulaires ainsi que des paiements des contributions de la RDC aux organisations internationales a clôturé ses travaux entamés en juin dernier. Elle a remis, le 09 août 2021, le rapport final au gouvernement représenté par le Vice-premier ministre, Ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala, Ministre d’Etat au Budget, Aimé Boji Sangara et le Ministre des Finances, Nicolas Kazadi au cours d’une cérémonie officielle.

Après cinq semaines de travail, ladite commission a adopté une série de recommandations qui ont été remises au gouvernement.

Il s’agit entre autres de l’engagement des Ministres sectoriels à traiter avec diligence et constance les dossiers relatifs aux contentieux financiers des Ambassades et consultant ainsi qu’aux contributions aux Organisations Internationales ; la mise en place d’une Commission mixte permanente chargée du suivi de l’assainissement de la situation financière des missions diplomatiques et postes consulaires ainsi que les contributions aux Organisations Internationales ; le déploiement progressif dans tous les postes diplomatiques où il n’existe pas d’attachés financiers des comptables publics en vue de suivre et justifier les mouvements des fonds collectifs pour leur disposition par le Trésor public ; rappel à tous les chefs de mission diplomatiques de se soumettre à la reddition des comptes et la transmission à la commission mixte permanente des contrats de bail actualisés des Ambassades et Consultant généraux pour paiement des créances et en cas de résiliation des contrats, annexer ces derniers pour suivi d’apurement d’éventuels arriérés.

Vers l’instauration d’une cellule chargée du suivi des paiements dus aux Ambassades

La Commission mixte propose aussi l’institution au sein du Cabinet du Vice-premier ministre des Affaires étrangères, d’une Cellule financière chargée du suivi des paiements dus aux Ambassades, Consulats et Organisations Internationales. Cette Cellule travaillera en étroite collaboration avec la Commission mixte; l’examen de l’option de recourir, en cas d’insuffisance de la trésorerie publique, aux partenaires extérieurs pour une levée de fonds en vue d’apurer tout le contentieux ou encore l’actualisation par le VPM des Affaires étrangères, de la circulaire portant fixation et limitation du nombre des engagés locaux par les Ambassades en tenant compte de l’importance de leurs besoins préalablement déterminés.

Elle a  proposé également une réduction ou regroupement des Ambassades et consulats selon les intérêts du pays ; le rappel par le Vice-premier ministre des Affaires étrangères, aux Ambassades et consulats de l’obligation de verser au compte du Trésor les recettes des passeports et visas et interdiction de les consommer à la source et recommande au Ministre des Finances de communiquer aux Ambassades et consulats les numéros des comptes du Trésor public dans lesquels ils devront verser les recettes collectées.

La Commission mixte Affaires étrangères, budget et finances propose un paiement rapide d’un accomote forfaitaire de cinq millions de dollars américains, un million trois cent mille euros et trois cent cinquante et un mille Francs CFA au titre des arriérés des salaires des engagés locaux de différentes Ambassades et consulats généraux « en vue d’envoyer un signal clair de la volonté politique et de la détermination du pays à assainir la situation de ses représentations diplomatiques et consulaires ».

En outre, la Commission mixte recommande vivement aux officiels congolais de passage aux aéroports des pays étrangers « à s’acquitter, pour l’honneur du pays et leur crédibilité, de leurs factures avec leurs frais de représentation » et au gouvernement de réduire le nombre ou de retirer carrément la RDC de certaines Organisations Internationales sans intérêt réel.

Avec la remise de ces recommandations au gouvernement, le Warrior Christophe Lutundula vient de gagner une première manche dans sa lutte pour assainir les représentations diplomatiques et consulaires de la RDC.

Une gouvernance participative

La fédération d’intelligences, la cohésion et la convivialité sont des attitudes que le VPM, Christophe Lutundula, veut imprimer aux Affaires étrangères et à l’avantage de la diplomatie congolaise. En trois mois d’exercice de ses fonctions, le Vice-premier ministre, Ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala, a tenu trois  réunions  mensuelles avec les directeurs de ce ministère conduits par leurs deux Secrétaires généraux. La troisième a eu lieu le 11 août dernier. Au menu: l’évaluation du travail réalisé par chaque Directeur dans sa direction et l’annonce des grandes mesures prises dans le cadre de la redynamisation de la diplomatie congolaise.

Les deux Secrétaires Généraux ainsi que les Directeurs centraux des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ont répondu présent à ce qu’il convient maintenant d’appeler la « traditionnelle séance de travail mensuelle d’évaluation du travail » de chacun, instaurée par le VPM Lutundula.

Prônant une gouvernance participative, Christophe Lutundula Apala Pen’Apala a, dans son adresse, annoncé les grandes actions déjà réalisées et celles qu’il compte réaliser dans les prochains jours.

Il s’agit notamment, de la Commission interministérielle affaires étrangères, budget et finances chargée du suivi de la situation des missions diplomatiques et postes consulaires ainsi que des paiements des contributions de la RDC auprès des organisations internationales, qui a remis son rapport final au gouvernement et la mise en place des recommandations qu’elle a formulées.

Ainsi, le Chef de la diplomatie a annoncé aux Directeurs centraux des Affaires étrangères et Coopération internationale la cure d’amaigrissement qu’il compte donner, les jours à venir, à la Task Force de l’Union Africaine. Il s’agit, d’après un expert de ce ministère, « d’une restructuration profonde afin de la rendre {ndlr task force} plus opérationnelle ».

Christophe Lutundula a instruit illico presto, les deux Secrétaires généraux (Affaires étrangères et son collègue de la Coopération internationale) de mettre en place une commission chargée de la réforme du Ministère. Il leur a aussi demandé de trouver les voies et moyens de conformer la Direction de la Francophonie aux exigences actuelles et de la rendre plus performante.

Un travail  approuvé par Fatshi

Au sujet du rapport de la Commission interministérielle chargée du suivi de la situation financière des missions diplomatiques et postes consulaires ainsi que des paiements des contributions de la RDC aux organisations internationales, le VPM Lutundula a affirmé que les conclusions de la Commission interministérielle ont été très appréciées par le Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo. Une raison de plus pour Christophe Lutundula de s’engager, avec l’appui du Chef de l’Etat, à pouvoir régler d’ici 2023, à 80% les questions de prise en charge des diplomates congolais.

Dans la foulée, il a rappelé les efforts consentis depuis son arrivée à la tête de la diplomatie d’une part, dans l’amélioration du cadre de travail de ses administrés et d’autre part, leurs conditions sociales.

A peine trois mois, il a notamment réussi à réhabiliter le 8 ème niveau du bâtiment des Affaires étrangères et facilité la locomotion aux agents.

Par ailleurs, Christophe Lutundula a annoncé la tenue de la Conférence diplomatique dans les prochains jours. A cet effet, il a demandé au Secrétaire général aux Affaires étrangères et à son Directeur de Cabinet de proposer rapidement les équipes de travail devant préparer ces assises.

Sûrement et sans faire du bruit, le chef de la diplomatie congolaise imprime ses marques à la satisfaction tant des agents et cadres du secrétariat général des  Affaires étrangères et Coopération Internationale que celle des diplomates congolais.

Faire entendre la voix de la RDC

Au cours de trois premiers mois du gouvernement des Warriors, le Vice-premier ministre des Affaires étrangères a porté la voix de la République Démocratique du Congo là où elle devait résonner. Il a participé à plusieurs salons internationaux pour faire entendre la voix du pays gâchette d’Afrique. Il s’agit notamment de la réunion du G20, tenue le 29 juin dernier à Matera, dans le Sud de l’Italie, réunissant les Ministres des Affaires étrangères des 20 pays les plus industrialisés du monde auxquels s’est ajouté le pays de Félix Tshisekedi en qualité de Président de l’Union Africaine, consacrée au multilatéralisme pour le développement et la relance économique, en vue d’affronter la crise provoquée par la pandémie de Covid-19. 

Dans son intervention, Christophe Lutundula avait appelé à des « actions urgentes » pour « renverser la tendance actuelle » en Afrique, notamment en développant « la capacité de production locale des vaccins« .

Il avait plaidé aussi en faveur de l’augmentation de « la capacité de tests dans les pays ne disposant pas de produits ou de laboratoires requis« .

Un jour plus tôt, il avait pris part à une réunion des Ministres des Affaires étrangères des pays membres de la coalition mondiale contre le terrorisme, tenue le 28 juin 2021 à Rome. Cette réunion co-présidée par l’Italie et les États-Unis à laquelle avaient pris part 83 pays qui unissent leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme, particulièrement l’Etat Islamique, devenu un fléau mondial, s’est tenue dans un contexte où la RDC subit des attentats terroristes dans la province du Nord-Kivu. Ce qui explique l’intérêt du  chef de la diplomatie congolaise à cette rencontre de haut niveau mondial.

Ph.K et RD4

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