Lors du débat général de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à Genève, la République démocratique du Congo a réaffirmé, par la voix de la Ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner, son engagement ferme en faveur des droits humains et du multilatéralisme. S’exprimant devant l’assemblée générale , la Ministre d’Etat a salué la conduite des travaux de la 61ᵉ Session du du Conseil des droits de l’homme tout en rappelant les efforts entrepris par la RDC pour renforcer l’État de droit, la justice transitionnelle et la protection des victimes, particulièrement les femmes et les enfants.
La Ministre d’État a notamment déclaré :
« Sans responsabilité, il ne peut y avoir ni justice ni paix durables. Notre engagement s’inscrit dans une exigence plus large : un ordre international fondé sur le respect du droit, l’égalité des États et l’effectivité des mécanismes de responsabilité. »
Le discours a mis en avant les réformes institutionnelles engagées par le gouvernement congolais. La tolérance zéro contre les violences sexuelles liées aux conflits, les poursuites judiciaires en cours ainsi que la création d’un mécanisme de réparation des victimes, appuyé par un fonds national dédié, illustrent la volonté de restaurer la dignité des populations affectées. La mise en place d’un Tribunal pénal économique et financier constitue également un signal fort dans la lutte contre la corruption et les crimes économiques, considérés comme des atteintes directes aux droits fondamentaux des citoyens.
La Ministre d’État a toutefois dénoncé la persistance des violations graves des droits humains dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, attribuées notamment aux activités des groupes armés AFC/M23 soutenus par des forces étrangères. Elle a cité les rapports des experts des Nations Unies et la résolution A/HRC/RES/S-37/1 ayant conduit à la création d’une commission d’enquête indépendante, ainsi que la résolution 2773 du Conseil de sécurité condamnant ces violations. Les statistiques présentées sont alarmantes : plus de 17 000 atteintes graves, environ 15 000 morts, des déplacements massifs de populations et l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre.
Au-delà du contexte sécuritaire, la Cheffe de la diplomatie a insisté sur la nécessité de préserver l’ordre multilatéral face aux défis contemporains. La RDC appelle à un système international fondé sur l’égalité des États, le respect du droit international et la responsabilité collective. Face aux nouveaux enjeux tels que la cyberviolence et l’intelligence artificielle, la Ministre d’État a plaidé pour un renforcement des moyens du système international des droits de l’homme afin d’assurer l’efficacité des mécanismes de protection.
La RDC a réaffirmé que la paix durable repose sur la justice et la responsabilité. Le message porté à Genève s’inscrit dans une diplomatie active visant à défendre la souveraineté nationale tout en renforçant la coopération internationale pour la protection des droits humains et la stabilisation des zones affectées par les conflits.